mardi, juin 8, 2021

Professeur Michel Balaka-Ekwalanga : « En Afrique, on vit dans des milieux multi-infectieux, ce qui provoque des antigènes, dont certains croisent celui du coronavirus. Autrement dit, la réponse immunitaire est plus rapide… »

Le professeur Michel Balaka-Ekwalanga est immunologiste et virologue de la RDC, membre de l’équipe de recherches de l’Université de Lubumbashi. Il est formé à l’Institut Pasteur de Paris et à Cuba. Dans une interview accordée à la journaliste Belge Collette Braeckman il nous donne son point de vu sur le Coronavirus et sur sa propagation sur le continent africain.

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A la question de de savoir si les pays africains semblent moins touchés que l’Europe ? Pourrait-on alors l’expliquer par la chaleur ? Voici sa réponse :
« La température extérieure n’a rien à voir. La réalité, c’est que les pays africains ont déjà connu plusieurs épidémies causées par des virus, qui ont sévi avec des intensités diverses, le SRAS, le virus Mers qui a frappé en Egypte mais pas au Soudan. Pourquoi cette différence ? Mon analyse, c’est qu’en Afrique, on vit dans des milieux multiinfectieux, ce qui provoque des antigènes, dont certains croisent celui du coronavirus. Autrement dit, la réponse immunitaire est plus rapide…
En Europe, la situation n’est pas la même, les milieux ambiants sont beaucoup plus aseptisés et la population est donc plus vulnérable. L’environnement joue aussi : il y a plus d’allergies dans les villes que dans les campagnes et dans des situations de stress, de pollution, le système immunitaire fournit une réaction inappropriée. »

Le professeur Balaka-Ekwalanga est aussi revenu sur le protocole médical qu’ils utilisent pour faire face à ce virus :
« Notre équipe s’attache surtout à « booster » le système immunitaire. Le protocole proposé par l’Université de Lubumbashi se compose de trois molécules, les interférons, la chloroquine et des antioxydants. Rappelons que les interférons sont des protéines fabriquées naturellement par les cellules de notre corps. Elles sont chargées de nous défendre lorsque nous sommes attaqués par un virus quel qu’il soit. Ces molécules stimulent le système immunitaire et réagissent contre le virus. Nous pouvons aider en amenant des inferférons extérieurs, de type 1 et 2 (alpha et beta), fabriqués en laboratoire. Autrefois ils étaient utilisés pour lutter contre l‘hépatite.
Nous avons observé la coopération entre la Chine et Cuba, rarement mentionnée en Occident. A Cuba, il y a longtemps que l’on utilise les interférons pour combattre les virus et cette année, Cuba en a fourni aux Chinois, pour un montant de 300 millions de dollars. C’est ce qui a permis de combattre le coronavirus, qui est maintenant en régression. Au Vénézuela, le président Maduro a lui aussi préconisé de faire davantage de prévention, en donnant aux gens des molécules dont les interférons et les anti oxydants, afin de renforcer le système immunitaire.
Dans notre protocole, nous travaillons sur la conjugaison de plusieurs molécules, les interférons mais aussi la chloroquine qui a été longtemps utilisée pour lutter contre le paludisme ; même si elle a été délaissée car elle n’agissait plus, ses propriétés immunologiques sont demeurées entières dans le cas d’autres infections. La chloroquine est, entre autres, utilisée dans le cas de sclérose en plaques et de cancer. »

En définitive cet interview révèle que les pays africains devront plutôt trouver leur propres voient pour lutter contre ce mal car les réponses immunitaires face au coronavirus peuvent changer d’une région à une autre. L’Afrique n’a pas les mêmes moyens de lutte que l’occident pour faire face à cet pandémie d’où le nécessité de réunir les scientifiques africains pour apporter des réponses adaptés à nos réalités.

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